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Roger
Jouadé
Conseiller Général de l'Orne Honoraire,
Maire adjoint d'Argentan
Officier du Mérite National |
Raconté
par Gérard Roger
Préface de François Doubin
Ancien Ministre et Maire d'Argentan
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Quelle fabuleuse histoire
que celle de Roger Jouadé, petit commis de ferme breton devenu
l'une des grandes figures de la politique ornaise sans rien renier
de ses origines modestes ni des valeurs chrétiennes que lui
ont enseignées sa mère et ses "bons maîtres".
Aujourd'hui reconnu
et respecté par tous ses pairs, honoré par la République
qui l'a fait Officier dans l'Ordre du Mérite National, il poursuit,
après quarante ans de militantisme actif, sentimental attardé
dans un monde de libéraux insensibles, son combat pour faire
triompher la liberté, l'égalité, la citoyenneté
et la fraternité dans une société dont il dénonce
encore et toujours l'égoïsme, l'intolérance, l'indifférence,
les inégalités. Rien ne prédestinait pourtant
le "gars Roger" à connaître un tel destin.
Son histoire commence
comme un conte un beau matin d'été de l'an 1934. Quatrième
d'une fratrie de 13 enfants, Roger est né dans la petite commune
de Lieuron, en Ille-et-Vilaine, au cœur du Pays de Redon. Auprès
d'un père courageux, qui se loue dans les fermes voisines comme
journalier pour compléter les maigres revenus de sa petite
ferme de Lohéac, et d'une mère aimante qui lui inculquera
l'amour de son prochain, la tolérance, les vertus du travail,
règles de morale auxquelles il se référera tout
au long de son existence, il vit une enfance "pauvre mais heureuse"
marquée par la chaleur du cocon familial, l'enchantement, à
chaque fois renouvelé, des veillées et des fêtes
qui, à la maison où à l'église, ponctuent
les saisons, une passion sans borne pour la nature et le bonheur de
découvrir le monde sous la houlette de Monsieur "le Vicaire
instituteur".
La guerre, l'occupation
de son village par les troupes allemandes et le rationnement de la
nourriture qu'imposent les autorités seront cruellement ressentis
par le jeune garçon que ses camarades surnomment "l'entonnoir"
par ce qu'il porte des chaussures beaucoup trop grandes pour lui.
Dés son plus jeune âge, au contact des plus riches, il
se frotte à l'injustice et réagit aux humiliations qui
le blessent.
A 14 ans, son certif
en poche, Roger quitte l'école avec le cœur gros. Il aurait
aimé, comme les copains de la "communale", continuer
à apprendre mais il doit aider ses parents et aller gagner
son pain. Sans conviction, il commence par apprendre le métier
d'ouvrier agricole dans une ferme des environs de Lohéac puis,
un an plus tard, décide de changer de voie et devient apprenti
charron-forgeron à Maxent. A l'âge de 17 ans, il rejoint
son frère Alexis et entre comme ouvrier dans un atelier de
carrosserie à Mernel.
Sous l'amicale pression
de l'Abbé Gauvin, l'un de ses "maîtres à
penser", Roger adhère à la J.A.C. où il
devient un animateur hors-pair et prend conscience qu'il est "
prédestiné à encadrer des hommes". Jusqu'à
son départ à l'armee, il pratique plusieurs sports er
notamment le cyclisme défendant vaillamment chaque dimanche
les couleurs de son club de Guipry sur les routes bretonnes. Quittant
pour la première fois sa Bretagne natale, c'est au guidon de
son "demi-course" qu'il se présente le 15 juin 1955
à la grille du Quartier Liautey, à Alençon, son
ordre d'incorporation en poche.
En février 1956,
il part avec son régiment au Maroc, dans le Rif, puis sur la
frontière algérienne où la "guerre de pacification"
fait rage. Les événements vécus en Afrique du
Nord ébranlent ses convictions politiques. Le "gaulliste"
qu'il est encore, y côtoie pour la première fois des
communistes et des libres-penseurs.
De retour à la
vie civile, il quitte définitivement la Bretagne en 1957 pour
aller chercher du travail en Normandie. Il en trouve à Argentan
comme soudeur dans une petite entreprise artisanale qui vient de s'y
implanter. Commence alors la "belle aventure de la MIC"
qui durera presque quarante ans. Marié
en mai 1958 à Jacqueline, la sœur de son meilleur copain
de régiment, il s'installe définitivement à Argentan.
Catholique pratiquant, il fréquente assidûment la communauté
chrétienne de la ville. En
mai 1959, il participe à la création d'un syndicat CGT
à la MIC et adhère au Mouvement de la Paix où
il rencontre à nouveau des communistes mais aussi des prêtres
de sensibilité de gauche. Alors qu'il connaît une carrière
fulgurante à la CGT, il adhère au Parti Communiste français
en 1965 et la même année se présente aux élections
municipales à Argentan. Membre du Comité fédéral,
il est candidat du "Parti" aux élections législatives
de 1967 dans la circonscription de Fiers-Argentan. En 1971, il est
élu au Conseil Municipal d'Argentan où il siégera
dans l'opposition jusqu'en 1989.
En 1979, il est le premier
communiste à entrer au Conseil Général de l'Orne.
Battu en 1985 par son éternel rival, Jean de Vimal du Bouchet,
il retrouve son siège en 1988 et connaît la consécration
en 1995 avec une réélection dans le canton Est d'Argentan
avec plus de 61% des suffrages exprimés, dépassant largement
les limites de son électorat "naturel".
Principal artisan de la
venue de François Doubin à Argentan, il remporte aux
côtés du Ministre du Commerce et de l'Artisanat et de
Pierre Pavis, son "jumeau", la victoire aux Municipales
de 1989 et peut enfin, en tant que Maire adjoint chargé de
la solidarité mettre en œuvre son ambitieux programme
social pour Argentan.
Un important bouleversement
s'est entre-temps produit dans sa vie militante : il a été
exclu du PCF en 1988 pour avoir soutenu Pierre Juquin aux élections
présidentielles. Il ne connaîtra pas de traversée
du désert. Soutenu par un grand nombre d'amis syndicalistes
et politiques, il crée presque immédiatement un puissant
groupe de pression intitulé "Argentan, notre ville et
sa région" sur lequel il va s'appuyer pour toute son action
future.
Réélu en
2001, Roger Jouadé siège aujourd'hui encore au conseil
Municipal d'Argentan comme adjoint au Maire socialiste Pierre Pavis.
Ayant décidé de ne pas se représenter aux dernières
élections cantonales, il peut désormais se consacrer
entièrement aux Argentanais et à celle ville d'adoption
qu'il aime tant. Lorsque ses activités municipales et associatives
lui en laissent le temps, il aime à "cultiver son jardin"
mais aussi l'art d'être père et grand-père.
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